L’épaisseur d’un cuir le vrai du faux

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Sujet hautement sensible, cette question récurrente vient tout logiquement se poser pour tous les acheteurs potentiels. Quel doit être l’épaisseur minimum d’un cuir pour réussir l’achat de son canapé ?

Quelle épaisseur de cuir pour son canapé

Existe-t-il une réponse claire et fiable, ou cette interrogation ne serait-elle pas l’arbre qui cache la forêt ? C’est tout le nœud du problème que de tenter de répondre de façon tranchée sans prendre en considération les nuances et les facteurs innombrables. C’est pourquoi, nous allons tenter d’identifier les tenants et les aboutissants pour se rapprocher au plus près de la vérité. De façon automatique, sur internet, un seul leitmotiv est repris par un quorum soutenu de site, à savoir qu’il est conseillé de plébisciter un cuir supérieur à 1 mm.

Quelques uns recommandent au moins 1.3 mm, voire plus. Notons au passage que l’espacement reste relativement modeste, soit moins de la moitié d’un millimètre. A l’œil nu, cet écart entre la dimension dénigrée et celle préconisée, est pratiquement invisible. Alors pourquoi une telle importance est attribuée à ce paramètre ? Il est bon de reprendre l’origine de la peau animale pour se remémorer les bases primaires de fabrication d’un cuir. Une fois ces notions solidement ancrées, il est maintenant possible de rétablir quelques vérités.


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Les conditions de grosseur d’un cuir

Il ne faut pas perdre de vue, que l’origine est toujours animale. Vaches, taureau, buffle, chèvre ou encore veau, la grosseur de la peau dépend donc en priorité de l’espèce animal. Si l’on prend une vachette, très fréquemment utilisée, pour un même gabarit, voir une même race, l’épaisseur de la peau, donc du cuir, ne doit que très peu varier. Il n’existe pas aujourd’hui de possibilité de jouer sur cette physionomie.

En revanche, il est possible pour diversifier l’offre en préférant des catégories d’animaux plus corpulents, comme le taureau, pour diriger vers des épaisseurs plus marquantes. En misant sur cet exemple, il est possible de gagner 0.2 à 0.3 mm.
Seul le derme extérieur apporte un intérêt, et la graisse intérieure ne peut venir compenser ou aider à obtenir une dimension plus importante. Le tanneur est de façon rationnelle, considérablement limité et impacté dans la production de cette matière. Il n’existe pas d’occulte mécanisme pour épaissir une peau. Il est bon de toujours garder en tête ce concept étroitement dépendant de ce qui nous offre la nature.

La course au toujours plus épais


Même si les professionnels ne sont pas dupes par cette allégorie, certains tentent d’en jouer. Il y a quelques années, nous avons croisé un commercial sur le Salon du meuble de Paris. Celui-ci était sur un gros coup, la commercialisation d’un cuir de plus de 3.8 mm ! A l’écouter, l’avenir se trouvait dans cette course au toujours plus. Le consommateur veut du épais, alors nous allons lui en donner. Bien sur, pas moyen d’en savoir plus sur cette étrange bête capable d’offrir de telles qualités. Peut être un mammouth décongelé du grand pôle nord ou de Sibérie. Depuis, nous n’avons pas vu de canapés recouverts d’animaux préhistoriques… Mais cette rencontre vient souligner que l’effet marketing, prend le pas sur le bon sens. L’argument d’un salon, se réduirait-il à la seule épaisseur du cuir ?

A l’opposée, nous avons eu le plaisir de travailler pour une petite innovation qui ne pesait que 0.9 mm dans la balance et se baptisait « cuir nautique ». D’une très faible épaisseur, cette nouveauté conçue pour équiper les bateaux de luxe, offrait une résistance incroyable. Imaginez, que les tests en laboratoire reproduisant les conditions climatiques extérieures sur le pont d’un navire, ont permis de prouver une solidité remarquable. En effet, pendant 18 mois, le cuir garantissait une tenue de la couleur et aucune altération aux frottements. Sous l’agression du vent, de la pluie, de l’eau de mer salée, bref des conditions dignes de l’océan atlantique, et ce malgré sa faible épaisseur, le matériau n’avait pas bougé et conservé ses qualités de départ.

Lors de la première prise de contact, le démonstrateur renversait du café sur une grande surface, puis le nettoyait avec un simple chiffon humide. Plus de traces noires en quelques secondes. Mais alors, comment peut-on obtenir un tel résultat ? Quel mystère permet une telle performance ? Au peur de vous décevoir, il n’existait aucune substance miracle incorporée dans la peau, mais juste un traitement de protection colossal. L’apprêt ou la pellicule protectrice imperceptible à l’œil se trahissait par un contact froid et austère. Une prouesse technologique certes, mais au détriment de la nature même de ce revêtement, la douceur.

L’importance du traitement

Le secret est donc bien là, dans le traitement apporté par le tanneur. Que le cuir soit épais ou non, peut importe, les finitions et le traitement restent les motifs réels de la qualité et la longévité pour un cuir. Le tanneur est donc la clé de voûte. Même si en ameublement, il est vivement conseillé d’opter pour une épaisseur de 1.1 mm minimum pour des raisons principalement liées à l’utilisation, cette notion ne vaut rien sans prendre en compte le travail réalisé en tannerie. Ce minimum syndical n’est pas une assurance tous risques. Il suffit de regarder les plus beaux cuirs, pour s’apercevoir qu’ils atteignent difficilement les 1 mm. L’explication provient du fait, que les peaux des taureaux, buffles plus grossiers sont écartés, pour privilégier de jeunes animaux, comme le veau par exemple.

Cette explication à pour but de changer d’angle dans sa manière de penser. Il n’existe pas de règles préétablies qui pointent des obligations ou des évitements dans ce domaine bien particulier. Bien au contraire, cela montre que la diversité des cuirs et leur qualité sont dépendantes de la source bien plus que de leur grosseur. Il est possible de réfuter cette présentation pour se rassurer. Il est vrai que ces points de repères peuvent être une solution pour l’acheteur. Des critères implacables, qui permettraient de réussir à tout prix son choix. Mais voilà, la réalité en est tout autrement, et les seules règles essentielles, sont celles que le tanneur s’est imposé dès le départ.

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In : Conseils

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